L'avenir appartient au changement

La France et l’énergie nucléaire

Le par

La catastrophe de Fukushima a relancé le débat sur l’avenir de la filière nucléaire. La France pourrait-elle s’en passer ?

En France, l’atome est roi. Avec 58 réacteurs dans 19 centrales, la France dispose du premier parc nucléaire européen. Le programme nucléaire français a été justifiée en particulier au nom de l’indépendance énergétique. Cet objectif a-t-il été atteint ? Il est permis d’en douter car le nucléaire consomme de l’uranium, une matière première en provenance de pays souvent instable comme le Niger. Par ailleurs, l’électricité ne représente qu’un quart de la consommation d’énergie finale en France. Le pétrole continue donc de se tailler la part du lion dans notre mix énergétique. Résultat : même si les exportations d’électricité ont rapporté 1.2 milliards en 2013, elles sont très loin de compenser le coût des importations de pétrole et de gaz : la facture énergétique de la France s’élevait à 46 milliards d’euros l’an dernier, soit 2.3 points de PIB.

Cependant, malgré Fukushima, enterrer l’atome n’est toujours pas une option officiellement à l’étude en France. Serait-ce toutefois envisageable ?

L’ingénieur et économiste Benjamin Dessus, président de l’ONG Global Chance, a récemment étudié une sorite du nucléaire en vingt ans, en fermant les réacteurs au fur et à mesure qu’ils atteignent trente trois ans de fonctionnement. A ce rythme, la production nucléaire serait réduite de moitié en 2020, avant d’être définitivement stoppée en 2031.

Franchir le pas serait donc techniquement possible, mais à quel prix ? Cela se traduirait probablement par une hausse sensible de l’électricité. Les coûts de production du nucléaire sont actuellement estimés officiellement à 31 euros le mégawattheure, contre 70 euros pour l’éolien terrestre et plus de 300 euros pour le photovoltaïque. Ce prix n’intègre cependant pas la totalité des coûts du nucléaire. De nombreux coûts restent cachés et incertains, notamment ceux du démantèlement des centrales ou de la gestion des déchets radioactifs. Autre incertitude : le coût d’un éventuel accident.

Quoi qu’il en soit, comme l’avait montré un rapport de l’ex-Commissariat du Plan en 2000, les données économiques ne permettent pas vraiment de déterminer l’option la moins coûteuse entre la poursuite du nucléaire ou son abandon. Et, de toute façon, sortir ou pas du nucléaire n’est pas une question que seuls les politiques et les économistes sont habilités à trancher. C’est, en effet, maintenant aux citoyens de s’approprier le débat.

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